Bilan comparatif de l'expression de

l'être-sujet-au-monde

 


 

1 Interprétation des mots utilisés dans l'histoire de vie cumulée des trois femmes pour l'expression de l'être-sujet-au-monde

  2  Interprétation des mots utilisés dans l'histoire de vie cumulée des trois hommes pour l'expression de l'être-sujet-au-monde

3  Bilan comparatif de l'utilisation des pronoms sujets dans l'histoire de vie des témoins

 


 

Interprétation des mots utilisés dans l'histoire de vie cumulée des trois femmes pour l'expression de l'être-sujet-au-monde


 

L'influence est nettement l'expression le plus utilisée dans les histoires de vie des trois femmes. Plus fréquemment que les hommes sous la contrainte ou la conduite d'autres personnes, elles la jugent fortement positive. Ce constat doit être relativisé au vu de la personnalité singulière de Joss, toujours en confrontation avec les autres.


Le déplaisir domine largement le discours féminin, hormis Dune qui évoque une amitié fusionnelle riche. L'histoire de vie montre la prépondérance de l'environnement patriarcal sur le destin des filles ou des épouses, souvent sacrifiées dans les familles au bénéfice des héritiers mâles. Du discours monte, également, la plainte des femmes précarisées dans une société dominée par le chômage de masse.


On ne s'étonnera pas de trouver l'expression du désir largement positive, les femmes, dont l'image identitaire est assez dégradée, espèrent accéder prochainement à la reconnaissance sociale, dans la sphère domestique comme dans la sphère professionnelle.


Pas vraiment sûres de leurs capacités ou de celles de leurs proches, les témoins féminins présentent un bilan très mitigé de cette expression de l'être-sujet-au-monde. L'autodénigrement est largement répandu dans le discours.


L'absence de liberté est une véritable souffrance évoquée par les femmes, souvent confinées au foyer, dans un rôle dévalorisant de mère de famille ou même contraintes d'accepter des petits boulots alimentaires. Malgré ce, la revendication de liberté n'est pas première dans le discours.


Les incertitudes liées à leur situation présente confirment le peu de pouvoir que les femmes exercent sur leur histoire. Même si Joss a la sensation d'être maître à bord de son navire.

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Interprétation des mots utilisés dans l'histoire de vie cumulée des trois hommes pour l'expression de l'être-sujet-au-monde

 

La vie est une suite de contraintes pour nos trois militaires, tant dans le milieu familial que dans celui de l'institution, les deux étant souvent liés. Les trois hommes ont le sentiment d'être enfermés dans un carcan malgré leur rang d'officiers qui les délivre d'une part importante de corvées. A ce stade de responsabilité, l'auto-conditionnement tient lieu de règlement intéroceptif.


Le relatif échec de la vie de famille, l'abandon de leur vision adolescente de leur rôle dans l'armée n'entachent pas, chez les trois témoins masculins, l'estime qu'ils ont d'eux-mêmes et la confiance qu'ils ont en leurs capacités. Dans une société patriarcale, se trouver à un poste élevé dans une institution essentiellement masculine ne peut que les conforter dans cette perception.


L'expression du désir souligne la volonté de rompre avec un destin tout tracé. Qu'ils aient réussi ou non au concours de l'Ecole de guerre, les trois témoins dessinent des projets audacieux, souvent hors de l'institution militaire dont l'orientation actuelle ne les séduit plus. Les obligations familiales constituent un frein à la réalisation de ces nouveaux rêves.


En termes d'influence, les témoins masculins jugent leurs parcours globalement positif, l'armée ayant constitué un moyen d'élévation sociale. Par contre c'est plutôt dans le milieu familial que la notion d'influence est plus critique. Le rôle du père (absent ou omniprésent) reste déterminant dans la constitution de la personnalité des garçons.


Bardés de certitudes, nos officiers d'infanterie ne connaissent pas vraiment le doute, si ce n'est lorsqu'ils envisagent leur futur hors de la sphère militaire ou loin de l'emprise de leurs proches. Leur image sociale semble les condamner aux jugements abrupts et aux maximes apprises par cour. Cézanne est le seul à laisser apparaître son questionnement.


Peut-être est-ce cette expression , l'expression du plaisir, plus que tout autre qui permet de mesurer le fossé entre l'image romantique que les trois témoins avaient de l'armée et la réalité du terrain. Prêts pour l'action, ils se retrouvent dans un univers administratif, fonctionnarisé, où les occasions de se comporter en héros sont rares. Bien loin d'équilibrer cette sensation de déplaisir, les relations familiales exacerbent la sensation d'insatisfaction.


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Bilan comparatif de l'utilisation des pronoms sujets dans l'histoire de vie des témoins

 

La comparaison entre les utlisation des pronoms sujets, dans les récits des témoins, souligne le caractère égocentré de l'histoire de vie, le pronom personnel sujet « je » envahissant l'espace du discours. La distinction attendue entre le genre et le niveau socioculturel ne se confirme pas complètement.

Les discours masculins sont plus alimentés de pronoms « on » que les discours féminins, privilégiant les « on » indéfinis qui évoquent des certitudes, des jugements moraux, des poncifs.

Par opposition au pronom « je », le pronom « nous », représentatif du lien groupal est sous-utilisé dans le discours, cela entérine la dimension narcissique de ce type d'approche sociolinguistique. L'individu y met en scène sa personnalité, l'homme de la rue devient homme public. C'est le triomphe de l'idianthropie, comme construction personnelle de l'être humain réel et métaphorique.

Dans la plupart des cas, les pronoms « il(s) » et « elle(s) » évoquent des personnes proches, des autres significatifs. L'objet est de déshumaniser la ou les personnes, soit par rancour (c'est le cas, par exemple, pour Marie-Charlotte, le « ils » représentent ses parents), soit par protection (Cézanne utilise le pronom « il » pour parler de son fils).

L'utilisation très parcellaire des deux derniers pronoms personnels sujets, « tu » et « vous », indique une différence sensible entre l'histoire de vie et la conversation. La séparation existe, perdure entre l'échologue et le narrateur.

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